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Ayant réglé cette affaire et tenu ses assises, il retourne dans la Gaule citérieure et, de là, part pour l’armée. Dès son arrivée, il visite tous les quartiers d’hiver et trouve tout équipés grâce à l’activité singulière des troupes, alors qu’on manquait de tout, environ six cents navires du type que nous avons décrit plus haut, et vingt-huit vaisseaux longs : il ne manquait pas grand’chose pour qu’on pût les mettre à la mer sous peu de jours. Il félicite les soldats et ceux qui ont dirigé l’entreprise, explique ses intentions, et ordonne que tous se concentrent à Portus Itius, d’où il savait que la traversée était la plus aisée, et d’où il n’y a que trente milles environ du continent en Bretagne.
Ces affaires une fois réglées, César se rend à Portus Itius avec ses légions. Là, il apprend que soixante navires, qui avaient été construits chez les meldes, ont été rejetés par la tempête, et, incapables de tenir leur route, ont dû revenir à leur point de départ; quant aux autres, il les trouve prêts à naviguer et pourvus de tout le nécessaire. La cavalerie de toute la Gaule se rassemble là, forte de quatre mille chevaux avec les chefs de toutes les nations; César avait résolu de n’en laisser en Gaule qu’un tout petit nombre, ceux dont il était sûr, et d’emmener les autres comme otages, parce qu’il craignait un soulèvement de la Gaule en son absence.
En conséquence, ayant été retenu au port environ vingt-cinq jours par le chorus, vent qui souffle le plus souvent, en toute saison, sur les côtes, il s’appliqua à garder Dumnorix dans le devoir, sans pour cela négliger de se tenir au courant de tous les plans qu’il formait; enfin, profitant d’un vent favorable, il donne aux fantassins et aux cavaliers l’ordre d’embarquer. (Mais Dumnorix refuse d’embarquer et César le fait exécuter avant de prendre la mer). Cette affaire terminée, César laissa Labiénus sur le continent avec trois légions et deux mille cavaliers, pour garder les ports et pourvoir au blé, pour surveiller les événements de Gaule et prendre les décisions que comporteraient les circonstances; lui-même, avec cinq légions et autant de cavaliers qu’il en avait laissés sur le continent, il leva l’ancre au coucher du soleil. Il fut d’abord poussé par un léger vent du sud-ouest; mais vers minuit le vent tomba, il ne put tenir sa route, et, emporté assez loin par le courant de marée, quand le jour parut, il aperçut sur sa gauche la Bretagne qu’il avait manquée.